Contre la représentation politique : Trois essais sur la liberté et l’Etat – Eduardo Colombo

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L’idée de liberté a suivi un long parcours philosophique, mais les idées ne vivent pas dans un monde immatériel, elles naissent au sein de l’agir humain et se nourrissent des passions individuelles et collectives. Qu’auraient pu dire les philosophes si des milliers d’individus que l’Histoire ne connaît pas, à côté de quelques-uns qui ont laissé leurs noms, n’avaient pas inventé, travaillé, persévéré, combattu, défendu leurs croyances ?

Les idées n’habitent pas dans un lieu décharné et neutre, elles naissent de l’action, et de leur vivant mobilisent les passions qui attisent les révoltes, et, le moment venu, changent le monde.

Un climat de fermeture de la pensée s’imposa de façon rampante, et persistante, à partir des années 60 du siècle dernier – malgré le sursaut de 68 –, enfermant dans de petits ghettos les mouvements d’émancipation qui prônaient le changement radical de la société. Mais toute société bouge, se modifie, se lézarde, poussée par les conflits qui traversent la cité, permettant quelquefois aux idées hétérogènes au système établi de trouver un écho dans l’espace public.

Dès le début de ce XXIe siècle ont recommencé à se produire des mouvements de protestation (Seattle 1999, Gênes 2001), qui ont rassemblé des multitudes et tendu à se propager vers d’autres villes et d’autres pays. L’éphémère « printemps arabe » stimula l’imaginaire révolutionnaire, mais ce qui a donné une nouvelle importance aux mouvements contestataires suivants, c’est la présence saillante chez tous des prémisses antiautoritaires, anarchistes, caractéristiques de l’espace plébéien (le 15M en Espagne, la place Syntagma à Athènes, Occupy Wall Street ou Oakland aux Etats-Unis, la place Taksim en Turquie). Malheureusement, les conflits internationaux, l’avidité du grand capital et la pauvreté de larges régions du monde ont fait resurgir des forces religieuses et barbares, empêtrées dans un terrorisme aveugle. Nous croyons que quand le temps de l’Histoire s’accélère le repli de l’action et de l’idée sur des positions défensives est le pire de comportements : il faudrait, au contraire, s’engouffrer par les brèches du système représentatif pour continuer la construction de la liberté.

Déjà critique du post-modernisme de Foucault et de Lacan, Colombo, plus proche de Castoriadis, remet sur le devant de la scène politique et philosophique la liberté humaine et la possibilité de changer le monde qui lui est afférente. Psychanalyste né en Argentine, membre du Quatrième Groupe, organisation psychanalytique de langue francaise. D’orientation anarchiste, il a déjà publié aux é́ditions Acratie en 2014, Une controverse des temps modernes : la postmodernité.

 

2015 – 100 pages – 10 euros

isbn : 978-2-909899-51-0

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