Fortunes de mer

Lignes maritimes à grande vitesse :

les illusions bleues d’un capitalisme vert 

 

“ Plus de quatre-vingt dix pour cent du trafic mondial de marchandises s’effectue sur les mers…”

A l’heure où ils caressent l’espoir d’une croissance adossée aux “marchés verts”, les capitalistes entendent faire de l’espace maritime leur nouvel alibi écologique.

En Europe, l’engorgement des voies rapides ralentit les flux de marchandises et engloutit une part de la plus value. A eux seuls les prochains couloirs à grande vitesse ne suffiront pas à combler ce manque à gagner. A fortiori quand les populations des régions concernées comme les salariés impliqués dans ces projets en ont déjà saisit l’imposture. De multiples actions de résistance se font jour au fil de ces tracés, que ces derniers soient hypothétiques ou avérés.

C’est donc vers la mer, redevenue un territoire à conquérir que se tournent aujourd’hui les instances de l’Union Européenne. La commission de Bruxelles présente les “Autoroutes de la mer” et autres “Bateaux à Grande Vitesse” comme les prochains outils d’un “transport écologique au service du développement durable”.

Mais par delà les annonces, que dissimulent en réalité ces projets auxquels souscrivent avec enthousiasme nombre d’écologistes officiels ? C’est ce que les auteurs de ce texte ont tenté de comprendre, en pointant du doigt quelques unes des fausses alternatives et des vraies illusions particulières à la période qui s’ouvre devant nous.

 

ouvrage collectif, 2010

140 p., 12 €.

 

 

 

La tentation insurrectionniste

Si les tendances insurrectionnistes ne sont pas nouvelles dans l’histoire du mouvement révolutionnaire, notamment anarchiste, elles semblaient d’autant plus avoir disparu qu’elles n’avaient pas vraiment été réactivées par le dernier assaut révolutionnaire de la fin des années 60. Il faudra en fait attendre le milieu des années 70, et tout particulièrement le mouvement des luttes de 1977 en Italie, pour les voir s’épanouir puis être défaites en même temps que tout le mouvement subversif de l’époque.

Aujourd’hui, dans une période qui paraît sans perspectives révolutionnaires, elles réapparaissent dans un tout autre contexte alors même que l’idée de révolution semble s’être perdue. Elles prennent donc plusieurs formes, de la plus modérée avec l’« insurrection des consciences » de l’Appel des appels, à des formes plus basiques comme dans certaines actions des indignados espagnols ou des Occupy Wall Street américains, ou encore des formes plus radicales quand elles restent inscrites dans une perspective anti-étatique. C’est sur ces dernières que porte cet ouvrage, parce qu’elles reposent des questions essentielles telles que celle du rapport à la violence et à la légalité, entre perspectives révolutionnaires et pratiques alternatives voire sécessionnistes. Mais en même temps elles n’échappent pas toujours à une pose idéologique « insurrectionnaliste », mélange d’activisme, de triomphalisme et d’absence de questionnement sur ses présupposés. Il s’ensuit des ambiguïtés sur la nature de l’État et une méconnaissance de ce qu’est le capital.

 

J.Wajnsztejn, C. Gzavier,

2012, 214 p., 10 €